Circuit Rouge – Calvaire 1

LA TROUVAILLE DU MOTSCHBERG

Ecrit par M Albert Mazerang en Février 2019

           

En 1930, le curé SPITZ dans un cahier fait l’inventaire des croix et calvaires sur le ban de la commune de Montbronn. En citant la croix du Motschberg érigée en 1896 par ADAM ERHARD et ELISABETH FERSTLER, il rajoute que tout près, il reste encore un socle d’une vieille croix disparue.

En 2007, je débroussaille autour de la croix du Motschberg avec Christian (l’ouvrier communal).

   

A un moment, une pierre en grès rouge sortant d’une vingtaine de centimètres de terre, de forme rectangulaire avec les bords un peu arrondis attire mon attention.

   

Curieux, j’enlève les feuilles mortes autour et avec la pioche, je commence à dégager la terre autour. Surprise ! Plus j’ôte la terre, plus je me rends compte que la pierre s’élargit. Je dégage la terre sur presque un mètre de hauteur. Il s’agit bien du socle de la croix que le curé SPITZ décrit dans son inventaire.

   

Le dimanche après, ma filleule et ma belle-sœur viennent chez nous pour faire le parcours de santé. Je leur propose d’aller plutôt faire un tour au Motschberg pour voir la trouvaille. Après avoir admiré le socle, je m’avance de quelques mètres et je descends un petit talus. Tout à coup, je glisse et tombe sur un vieux tronc de cerisier. Sur quoi ai-je donc glissé ? Pour en avoir le cœur net, je dégage un peu les feuilles mortes et la mousse. A ma grande surprise, une grosse pierre avec des motifs dessus apparait. J’enlève encore peu plus de terre et j’aperçois un personnage à  genoux devant un cerf gravé sur cette pierre. Juste à côté une autre pierre, avec deux personnages et deux angelots.

       

Ravi par cette trouvaille, nous rentrons tout de suite chercher un appareil photos. Mais arrivé à la maison, pas de chance, l’appareil photo ne fonctionne pas. Je vais alors chez Marcel PHILIPP pour qu’il me prête le sien. Lui et sa femme me proposent de nous accompagner. Arrivé sur place, Marcel se place un peu en contrebas pour faire la photo, il glisse sur une autre pierre. En enlevant la mousse, nous voyons que c’est le bas du tronc d’un crucifix. Nous avons donc maintenant découvert quatre pièces d’un calvaire. Il ne manque plus que la pièce avec les bras et la tête.

   

Deux semaines plus tard, accompagné de Louis l’ouvrier communal, nous partons chercher les quatre pièces du calvaire avec le J.C.B et la remorque. Dans la remorque, il y a un outil presque tout neuf, un côté hache et l’autre pioche. Pendant que Louis fait demi-tour avec le J.C.B pour rentrer en marche arrière dans la forêt, je prends ce fameux outil je rentre quelques mètres dans les broussailles et pour l’essayer, je tape dans le sol, au premier coup je touche une pierre. A nouveau, j’ôte les feuilles et la mousse et ô surprise, j’aperçois les bras et la tête qui manquaient ! Il y a maintenant 5 pièces à ramener.

   

Nous les chargeons sur la remorque pour les déposer chez nous devant la maison.

   

Après quelques jours de nettoyage, on recharge les 4 pièces sans le socle sur la remorque pour les emmener à Walschbronn chez M JUNG qui réparera et assemblera les quatre pièces.

Un mois après, en juin 2011 avec l’accord de M. le Maire et du président du Conseil de Fabrique, nous décidons d’ériger la croix entre la mairie et l’église. Les Amis de la Chapelle coulent une dalle en béton pour poser le socle. Quelques jours plus tard, M Jung me téléphone pour me dire que la restauration est terminée et que nous pouvons venir chercher la croix. Je trouve une âme charitable en M GREBIL Jeannot qui, avec le camion-grue de son entreprise, vient avec moi à Walschbronn pour charger les quatre pièces. De retour chez moi, nous chargeons le gros socle et emmenons le tout entre la mairie et l’église où les Amis de la Chapelle et M Jung nous attendent. Jeannot, avec sa grue dépose le gros socle sur la dalle de béton et tout le monde présent se met au boulot.

       

Un volontaire désigné teste la résistance du socle!

M Jung, de mains de maître, dirige les travaux et Jeannot avec sa grue amène au fur et à mesure les autres pièces.

       


      


       


       


       


       


   

A la caserne des pompiers et hall de sports, il y a deux statues en grès provenant d’un ancien calvaire, mais il manque la tête de d’une. En fouillant dans tous les vieux cartons, je la retrouve. M Jung recolle tout de suite la tête de la statue.

   


   

Le soir, le calvaire est assemblé comme vous le voyez sur la photo ci-dessous.

C’est un des trois calvaires que les familles Thébès ont fait ériger suite à un accident mortel de chasse survenu un dimanche matin.

Le deuxième calvaire était jusque fin 1960 sur la route de Rahling près du terrain de foot. Lors de l’élargissement de cette route, Mr. Erhard Joseph, maire, l’a offert à M Jean-François Chaumont, ingénieur des Ponts et Chaussées, très grand admirateur de ce calvaire, en échange de services rendus. Aujourd’hui celui-ci se trouve, très bien entretenu, dans le jardin de Mr. Chaumont au 29 rue Schellenthal à Bitche.

Le troisième calvaire appelé Reiterkreutz, est à sa place d’origine au Stritholz. Pour y accéder il faut prendre le petit chemin à gauche en descendant vers St. Louis. C’est le premier calvaire que M Jung a rénové à Montbronn en 2003.

Articles parus dans l’Ami Hebdo et le Républicain Lorrain

C’était la dernière des nombreuses interventions gracieuses de M Jung auprès des calvaires de Montbronn car malheureusement, il décède début juillet 2011.

   

Un grand merci à M Jung, aux amis de la Chapelle, aux ouvriers communaux, à Jeannot et à toutes les personnes qui ont permis à notre trouvaille de redevenir un magnifique calvaire.