La mésange huppée (Lophophanes cristatus) porte très bien son nom avec sa longue huppe triangulaire sur la tête. Ce critère d’identification rend impossible toute confusion. C’est bien la seule mésange de nos régions à présenter une telle huppe. Du haut de ses 12 centimètres, on l’observe toute l’année dans les forêts de conifères (pin, épicéas, sapin…) qui constituent son habitat de prédilection.
Elle chasse en haut des arbres, au niveau de la canopée, où elle se nourrit d’invertébrés et de leurs larves, ainsi que d’araignées. En dehors de la période de reproduction, elles sont régulièrement vues en petits groupes de 4 à 6 individus, accompagnées d’autres espèces de mésanges, grimpereaux et roitelets. Ces regroupements, surtout observés en hiver, permettent d’optimiser l’effort de recherche de nourriture (graines, insectes) et minimisent ainsi la dépense énergétique, précieuse à cette période.
Un trait comportemental intéressant de la mésange huppée est sa capacité à stocker des réserves, comme d’autres espèces bien mieux connues comme le geai des chênes ou l’écureuil. Tout au long de l’année, lorsque la nourriture est suffisamment abondante, elle la cache dans des crevasses et des trous d’écorces, qu’elle recouvre parfois de salive et de toile d’araignée. Elle stocke ainsi des insectes souvent encore vivants et partiellement paralysés par démembrement.
L’espèce est monogame et les liens du couple durent assez longtemps. Le nid est localisé dans une cavité d’un arbre mort ou pourrissant, où 5 à 10 œufs seront couvés pendant deux semaines. Ces nombreux becs à nourrir engendrent une régulation importante de certaines populations d’insectes, notamment la chenille processionnaire du pin.
